8.1 Les nouveaux produits - Révolution Biotin

30/11/-1

Les alertes du changement étaient là, et dans un précédent numéro du Bulletin (« Biocides en comparaison », dans le n° 6 d’Avril 2006), nous vous avions informés des premières limites dans l’utilisation des produits à base d’étain dans le domaine naval (Gazette Officielle n° 111 du 15 Mai 2003), lesquelles nous avaient poussé à faire une étude comparative sur de nouvelles molécules biocides. Le 1er septembre de cette année, ont cessé les productions de cette classe, très efficace, de biocides, avec par conséquent la mise en retraite de noms connus comme le Biotin N (Metatin N5810/101/Rocima 110), et Biotin S.

Nous voulons souligner que cette sortie de scène est due exclusivement à des problèmes de type écologique : trop durables, les complexes
organométalliques constituant les principes actifs et donc difficilement biodégradables.
Comme pour d’illustres prédécesseurs (voir DDT), leur efficacité a été la cause de leur propre mort. Du reste, leur succès était lié précisément à leur durée qui garantissait un résultat même pendant des années après leur application.

Les principes actifs alternatifs, de plus faible impact environnemental, risquent cependant d’accorder des protections de plus courte durée et efficacité, et c’est ce qui a motivé l’étude déjà citée, qui s’est déroulée au Théâtre Romain de Trieste, en collaboration avec la Surintendance Archéologique du Friuli-Venezia Giulia.
De cette étude, il est ressorti, en raison de sa résistance aux agents atmosphériques, et en particulier au ravinement, un produit nommé
Biotin R, soluble en solvants et peu soluble dans l’eau.
Biotin R Les composants de cette nouvelle formule sont deux molécules, l’IPBC (iodiopropynyl butylcarbamate) et l’OIT (n-octyl-isothiazolinone), toutes deux ayant une faible solubilité dans l’eau (156 ppm et 480 ppm respectivement).
La première (IPBC) est une vieille connaissance, puisqu’elle était un des principes actifs du Biotin S et de nombreux autres biocides, donc avec un plus que décennal état de service.
La seconde (OIT) est le véritable substitut du composé à base d’étain, et avec son haut pouvoir bactéricide et antifongique, elle assimile l’effet du IPBC, complétant ainsi le spectre d’action.

Biotin R
est donc un concentré qui doit se diluer dans un solvant de 3 à 5 % selon l’intensité de l’attaque et le risque de ravinement. Il se dilue dans la plupart des solvants organiques (exemple, Acétone, aromatiques, White Spirit). Sa faible solubilité dans l’eau fait que le Biotin R se révèle particulièrement utile pour des applications en extérieur, où les œuvres sont exposées aux agents atmosphériques, et en intérieur, pour des ouvrages sensibles à l’eau, comme des supports pierre ou fresques contenant des sels solubles qui pourraient affleurer suite aux traitements aqueux, ou bien pour désinfecter la face et le dos de peintures sur toile, et le bois.
Dans le cas d’ouvrages exposés à l’extérieur, la résistance peut être incrémentée en faisant suivre le traitement au Biotin R par un hydrofuge siloxane, comme le Silo 111.
On peut aussi appliquer les deux produits en une seule phase en diluant Biotin R (toujours à 3 - 5% en poids) directement dans le Silo 111.   Biotin T Parmi les biocides à disperser dans l’eau, le Biotin N (Metatin N 5810/101/Rocima 110) sera bientôt remplacé par cette formulation (Biotin T), qui a un large spectre d’activité.
Son action résulte du mélange de n-octyl-isothiazolinone (OIT) et d’un Sel d’Ammonium Quaternaire. En raison de la présence de ce dernier principe actif (le même que dans le BIotin N), qui est un tensioactif cationique, on doit éviter le mélange avec des tensioactifs anioniques et des eaux trop dures.
Biotin T
est un concentré et doit être dilué dans l’eau entre 1 et 3% selon le type de surface et de la nature des agents biodégradant. On peut le diluer aussi dans les alcools et les aromatiques, mais pas dans l’acétone, les hydrocarbures aliphatiques et les hydrocarbures chlorés.
                                  
Rappelons enfin une autre alternative toujours valable pour le cas où les surfaces ne seraient pas sujettes au ravinement, c’est-à-dire l’hydroxy aminoethanol (
TX 174). Ce produit a été l’un de ceux testés dans la Nécropole du Vatican par le Dr Giovanna Pressi de l’Institut de Recherches Biotechnologiques (I.R.B.) et par le Dr Silvano Secondin de R&C Scientifica. L’hydroxy aminoéthanol présentait le meilleur effet contre les actinomycètes et les algues, même si son effet pratiquement nul sur les champignons rendait nécessaire l’application d’un second principe actif (Metatin/Biotin)


Pour en savoir davantage :
Biocides en comparaison” Bulletin C.T.S. n°6 (Avril 2006)
L.Borgioli, A.De Comelli, G.Pressi, “Indagini microbiologiche per la verifica dell'efficacia di alcuni biocidi esenti da metalli pesanti” (« 
Recherches microbiologiques pour vérifier l’efficacité de certains biocides exempts de métaux lourds ») Progetto Restauro n°38 (Printemps 2006).
Gabrielli N.; Zander P.; “La Necròpolis de San Pedro” R&R 60
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