45.1 Validations et restaurations prestigieuses pour le papier de mûrier Hanji

30/11/-1

Les papiers Hanji validés par l’Institut de Pathologie du Livre.

Le 15 décembre dernier, a eu lieu la Cérémonie pour la remise, de la part de l’Institut Central pour la Restauration et la Conservation du Patrimoine des Archives et des Livres, du Certificat de Validation des papiers Uiryeong ShinhyeonseTraditional Hanji, utilisés en restauration d’archives et de livres.
Cet évènement est le résultat naturel d’un rapport bilatéral qui s’est développé au cours de ces dernières années entre les deux Péninsules, Italienne et Coréenne, entre lesquelles il s’est créé une forte alliance mêlant l’excellence de la restauration italienne et l’excellence de la mise en œuvre de la fibre de mûrier en Corée. Les laboratoires scientifiques de l’ICRCPAL ont déjà analysé différents types de papiers UiryeongHanji, fournis gentiment par l’Ambassade de la République de Corée, parmi lesquels le UiryeongShinhyeonseTraditionalHanji 1 et le UiryeongShinhyeonseTraditionalHanji 2.
Lors de la rencontre bilatérale, il a été présenté un rapport sur les analyses effectuées et sur les résultats obtenus : les papiers Hanji sélectionnés ont été soumis à de minutieuses analyses, chimiques, physiques, technologiques et de résistance aux attaques biologiques, effectuées avant et après vieillissement artificiel des échantillons, qui en ont démontré la très bonne qualité.

 Les papiers Hanji ont été testés également dans le laboratoire de restauration et ensuite utilisés sur quelques documents importants :
·         Charte de Saint François (1224), conservée dans l’église inférieure de la Basilique Saint-François à Assises, donnée par le Saint au frère Léon, son secrétaire, confident et confesseur;
·        
Codex Purpureus Rossanensis (VIe siècle), évangile avec enluminures conservé au Musée Diocésain de Rossano Calabro, déclaré patrimoine de l’UNESCO en 2015, et inséré parmi les 47 nouveaux documents du Registre de la mémoire mondiale;

·         Armorial de l’Archive Historique de la Ville de Cagliari (XVI-XVII siècle);
·         Volume musical 243 de la Bibliothèque Casanatense de Roma (1724). Ces deux papiers sont produits par le maître papetier coréen HyeonseShin et correspondent, dans notre catalogue de papiers de mûriers coréens, aux “Hanji“ identifiés par les  codes 1401 et 1502.      

Les papiers d’HyeonseShin et l’expérience du Groupe 130

Certains papiers d’HyeonseShin ont aussi été analysés par des laboratoires d’expérimentation de la cellulose chez Innov HUB- Chambre de Commerce de Milan par le Groupe 130, un groupe de restaurateurs européens employés dans des organismes aussi bien publics que privés, principalement provenant de la péninsule italienne, groupe né à l’occasion du 130° anniversaire des rapports bilatéraux Corée-Italie. Le Groupe 130, à l’occasion du congrès Adapt and Evolve organisé par ICON en 2015 à Londres, a étudié les applications techniques du papier Hanji comme support temporaire et permanent pour la restauration du matériau papier antique et moderne, du matériau photographique, du cuir et du parchemin.  Les résultats de cette étude ont été présentés, et approfondis à chaque  occasion, au cours des interventions  et des applications dans les Musées du Vatican, la Bibliothèque Ambrosiana de Milan, les Archives Historiques de Turin, et Villa Fabris à Thiene.

La dernière initiative est le prochain workshop organisé par Federica Delia, une des restauratrices du groupe 130, dont nous citons le lien ci-dessous : http://restaurolibro.com/corsi/laboratori/  

Ce n’est pas la dernière, mais citons aussi la restauration de la Mappemonde du Pape Jean XXIII aux soins de l’étude “Conservation Œuvres sur Papier Nella Poggi”, (protagoniste de l’introduction en Italie de ce type de papier aux  prestations particulaires,  qui a consacré environ 10 ans de recherche entre voyages en Corée, études, recherche, analyses et discussions) et qui a sélectionné, respectivement pour cette restauration les papiers  1901 et 1303,  pour une application temporaire et permanente, avec d’excellents résultats pour leur résistance mécanique, adaptabilité en 3D et stabilité dimensionnelle. Même les papiers 1303 et 1901, présents dans notre catalogue, sont l’œuvre du Maître Papetier Shin.

A partir des papiers de HyeonseShin et d’autres maîtres papetiers coréens, jusqu’à l’engagement de CTS pour garantir la qualité du produit introduit sur le marché et satisfaire les différentes exigences des restaurateurs
Les papiers de Mr Shin, comme ceux produits par d’autres maîtres papetiers coréens sélectionnés par CTS pour le projet “Hanji, papiers  destinés à être utilisés en restauration d’œuvres”, sont produits avec :
1. Matière première sur le territoire de production et sa mise en œuvre :
Seule la fibre la plus interne de l’écorce de la Broussonetia Papyrifera est sélectionnée, plante native de Corée (dak, chamdak en coréen), purifiée par lessivage (plutôt que par soude caustique), rincée à l’eau courante, blanchie au soleil. Pour la préparation de la pulpe et pour le drainage spécial de l’eau dans le châssis, il est utilisé le mucilage de l’Hibiscus comme épaississant de l’eau.        
2. Géométrie de la forme, dimensions et poids
Tandis que les maîtres papetiers japonais se sont spécialisés dans la fabrication de papiers de faible grammage, les coréens se distinguent par leurs papiers à fort grammage ; cependant, dans les deux Pays, on retrouve côte à côte des papiers à faible et à fort grammage. En Corée, on trouve néanmoins la cohabitation de deux châssis structurés de manière très différente, desquels l’un est commun à la tradition japonaise (ssangbal, à double cadre), l’autre en revanche est autochtone et propre à la péninsule coréenne  (webal, à un seul cadre). Le châssis Webal se distingue par rapport au châssis “ssangbal”, à double cadre, par son différent drainage de l’eau au moment de la production de la feuille. Ce châssis spécifique permet de produire une feuille laminée avec un croisement des fibres multi transversales ce qui confère au papier, un fois sec, une résistance au déchirement supérieure aux papiers produits avec le châssis ssangbal/style japonais,
3. Eau :
il est demandé aux maîtres papetiers d’utiliser de l’eau pure qui n’ait pas trop de substances minérales.

4. Séchage de la feuille :
pour la restauration sur papier, grâce au travail effectué par les restaurateurs qui ont travaillé sur ce projet, il convient de préférer le séchage sur du bois plutôt que sur du métal ; le séchage sur bois est beaucoup plus graduel et le résultat final donne une feuille beaucoup plus souple, tandis que sur métal la feuille devient plus sèche (à cause du stress thermique auquel est soumise la fibre qui conduit à une évaporation de l’eau plus rapide).

5. Ildochim ou calandrage: cette opération est réalisée manuellement pour comprimer les fibres et les rendre, par une action de type mécanique, moins absorbantes.

Utilisation du papier Hanji produit avec le châssis Webal et SSAng BAL

Les papiers Hanji produits avec le châssis Webal ou SSAngbal peuvent être employés dans la restauration du papier aussi bien pour des applications temporaires que permanentes. Dans notre catalogue, est présente la gamme de papiers Hanji que nous avons  sélectionnée, avec les caractéristiques qui permettent à l’utilisateur de choisir le papier en fonction des limites dans lesquelles il voudrait l’appliquer. Par exemple, le papier Webal est, d’un certain point de vue, moins utilisable pour comblements, déchirures et lacunes. C’est d’autant plus vrai que pour pouvoir effranger le papier de mûrier produit à l’aide du châssis Webal, l’utilisation de l’alcool permet de faire une coupe effrangée parfaite, en obtenant des bandes très fines et résistantes, devenant ainsi un nouvel instrument pour certaines opérations. En même temps, l’Hanji produit avec le châssis webal est excellent pour doublages, même en 3 D, en raison de sa stabilité dimensionnelle et aussi de son adaptabilité au corps sur lequel il est mis en contact, grâce à la distribution particulière de ses longues fibres croisées.  

C.T.S., qui, depuis les débuts de l’introduction du papier Hanji en Italie, a soutenu la recherche, entend avec cet article renouveler sa gratitude à tous les opérateurs qui en ont fait partie et, grâce aux études menées, aux solutions que l’emploi de l’Hanji a offert et à l’analyse des résultats obtenus, est heureuse de pouvoir offrir aux consommateurs un produit artisanal qui peut devenir un instrument de travail très valable.

Quelques images du projet Hanji:

Mou Signing Ceremony for Collaborative Research on Cultural Heritage Preservation ICRCPAL. (Photo n°1 Nella Poggi) *

29 Janvier 2017. Congrès A thousand year of Hanji, Hanji  Meets the World, Messe Frankfurt, Francfort Photo: Korea Art and Craft Foundation. (Photo n°2) 

Workshop à propos des Teintures Naturelles sur le papier Hanji par la méthode traditionnelle coréenne, Villa Fabris, Thiene. Les restaurateurs du papier et du textile partagent leurs expériences pendant deux jours dans les laboratoires du Centre Européen pour les Métiers du Patrimoine. (Photo n°3)

Le groupe 130° au workshop à la Bibliothèque Trivulziana à Milan. (Photo n°4)






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