51.1. Nouveaux Produits, le nouveau EVA FILM arrive !

10/03/20

Le nouveau EVA FILM 65 est un adhésif sous forme de film sec, d’épaisseur 65 microns, conçu pour le doublage des peintures sur toile, mais qui peut être utilisé en tout autre secteur lorsqu’on doit éviter la présence de solvants dans les opérations d’adhésion.
Le film est composé d’un mélange de résines etylènevinylacétate, urée-aldéhyde et cire microcristalline, matériaux extrèmement résistants au jaunissement et à la réticulation. Grâce à ces caractéristiques, l’adésif est réversible même des décennies plus tard. La réversibilité est obtenue à l’aide de solvants polaires ou de la chaleur.
Avec EVA FILM 65, on répond aux critères de stabilité et en particulier au problème de l’apparition de jaunissement rencontré dans le passé.
Comme chacun sait, la sortie hors du marché de la résine cétonique Laropal K80 avait conduit à la modification d’une série de formulations qui l’utilisaient, seule ou en combinaison avec d’autres résines, comme c’était le cas du  Beva 371. La seule résine cétonique alternative était, déjà au départ, de couleur jaune, et en cherchant à conserver inaltérées les propriétés d’adhésion du mélange, on arriva à formuler le Beva 371 avec une légère couleur jaune pâle.  

A partir de 2017, cette résine cétonique a été remplacée par une résine urée-aldehyde parfaitement transparente, et par conséquent actuellement le Beva 371 est de nouveau incolore. Le nouveau EVA FILM 65 se base aussi sur cette résine uréa-aldéhyde, que l’on ajoute aux ethylènevinylacétates classiques et à la paraffine.
Grâce à des laminoirs spéciaux, l’amalgame adhésif est extrudé sur un film de support (polyester siliconé 1 face de 37 microns), qui à son tour est doublé d’un second film de protection (polyester siliconé 1 face de 23 microns). On obtient ainsi un sandwich parfaitement transparent qui facilite le positionnement et la mise en forme.  
Comme dans le cas d’autres adhésifs classiques en film, il est nécessaire de suivre quelques règles simples pour obtenir une adhésion optimale.
Après avoir déterminé et découpé avec précision la surface nécessaire, on enlève la feuille de protection en polyester :
la strate de EVA FILM 65 reste collée à l’autre film polyester de support (le coté avec l’adhésif est doux au toucher et apparait légèrement opaque).


On place EVA FILM 65 sur la toile de doublage (ou tout autre matériau choisi) et on applique chaleur et pression pour transférer le film adhésif, selon deux façons de faire :

1. avec une table chauffante/à basse pression, on porte la température à environ 65°C et ensuite on laisse refroidir  tout en exerçant en même temps une légère pression sur le film, par le vide ou par tout autre système.
2. avec un fer à repasser, on vérifie d’abord que la température de la plaque du fer soit d’environ 65°C, on repasse et on exerce immédiatement une pression jusqu’au refroidissement complet.
A ce moment-là, on enlève le film polyester de support. Le film adhésif restera sur la toile de doublage et on peut alors procéder au doublage proprement dit.
La couche de EVA FILM 65 peut être activée, à savoir rendue de nouveau collante, toujours selon trois modalités : solvant, chaleur ou bien leur action combinée.
1. Les solvants à utiliser sont très nombreux, de ceux polaires comme l’acétone et les acétates, jusqu’aux aromatiques, et même jusqu’aux hydrocarbures comme le cyclohéxane ou le white-spirit. On peut les vaporiser ou les passer au pinceau sur la surface du film, et on vérifie à la main que l’activation se produit. Les délais varient selon le solvant.
2. Le film redevient collant à la température de 65°C, étant donné que l’on dépasse le point de fusion de la cire et les températures de ramollissement de certains des composants des polymères. Pour réactiver le film avec la chaleur seule, l’emploi de solvants n’est pas nécessaire, et dans ce cas, il n’y a aucun développement de vapeurs dangereuses pour la restaurateur. En outre, cette procédure permet d’obtenir l’adhésion d’artefacts sensibles aux solvants, et élimine tout risque de formation de taches ou autres phénomènes de diffusion. 

1. Enfin, EVA FILM 65 peut être réactivé même à une température inférieure à 65°C, par l’action combinée de solvants et chaleur. Après avoir transféré sur la toile de doublage choisie, on vaporise sur la surface un solvant à évaporation lente comme le White Spirit, après quelques minutes, le film deviendra collant comme un adhésif de contact et pourra être utilisé déjà à environ 45°C. Après le dernier refroidissement et l’évaporation du solvant vaporisé, on obtiendra une liaison très tenace entre les matériaux.
Dans ce cas, il faut travailler avec un apport minimum de pression, étant donné que la présence contemporaine de solvant et de chaleur pourrait assouplir la couche picturale et donc au risque d’une déformation (aplanissement).

Important !
Si la température appliquée est supérieure à 70°C, en plus de dommages possibles sur la couche picturale, on risque de fluidifier excessivement le film en le faisant pénétrer à l’intérieur de la toile, jusqu’à atteindre la couche picturale, avec pour conséquence l’altération de la chromie. Il est donc recommandé d’utiliser un thermomètre à infrarouge (de type Mod.652), dans le cas où on ne disposerait pas d’une table chauffante/basse pression. Il n’est pas insolite qu’avec les fers à repasser on atteigne les 90°C, causant ainsi un “effet plastifié” qui, dans le passé, a été imputé au produit et non à l’inexpérience du rentoileur, habitué peut-être à travailler avec les traditionnelles colles de pâte …..
   

En ligne générale, si on augmente la température, on augmente la force d’adhésion.
Le refroidissement (ou dans le cas où on aurait travaillé à froid avec réactivation au solvant, le séchage complet), doit toujours avoir lieu sous pression. Si on retire la pression avec le film encore tiède ou contenant le solvant, il se produira le décollement des deux toiles ou la formation de bulles de décollement ; dans ce cas, refaire correctement l’opération.

EVA FILM 65
a une hauteur de 1 mt ; si des dimensions plus grandes étaient nécessaires, on peut juxtaposer un autre morceau de EVA FILM 65, en les unissant avec du ruban adhésif appliqué sur le support de film polyester. Une fois le film transféré sur le support, l’adhésion se produira de façon homogène, sans discontinuité entre les jonctions.
Si l’on veut effectuer un doublage transparent, utiliser EVA FILM 65 et la toile polyester Origam ou tissu de soie.
Pour le retrait de doublages dans lesquels aurait été employé EVA FILM 65, on peut utiliser différents solvants, de l’acétone jusqu’aux solvants apolaires tels que white-spirit, ligroïne et cyclohexane. Effectuer d’abord des essais pour identifier le solvant qui ne causera pas de dégâts à la couche picturale. Les solvants font gonfler le film en le rendant facilement amovible sans contaminer ni tacher le matériau absorbant. Si on ne désire pas utiliser de solvants, on peut procéder au retrait à l’aide du réchauffement à 55-60°C.
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